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30 octobre 2010

Fou Allié

Au Burkina Faso, tous les villages ont leur fou. On dit même d'un village qui n'a pas son fou qu'il a le mauvais oeil. Et dans les grandes villes, les fous (tant qu'il ne s'agit pas de fous dangereux, évidemment) sont dehors; on les croise sur tous les trottoirs. C'est une classe sociale à part entière, ils font partie de la population. S'ils ont faim, ils trouveront toujours un repas qu'un commerçant du coin leur aura laissé de côté. La richesse de l'Afrique, à défaut d'être économique, est culturelle et sociale. Nous devrions les envier sur ce point.

En France, nos "gentils fous" sont pris en charge dans des structures où ils sont soignés certes, mais aussi internés et exclus de la société, désocialisés. Leur réinsertion reste difficile. Très souvent c'est le cloisonnement, l'absence de lien social, qui les a mené là. Certains en ressortent marqués par la solitude et les anxiolytiques, qui sur de longues durées laissent des traces physiques. Alors à la sortie rien ne s'arrange.

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Car s'il nous arrive d'en voir un dans la rue, on préfère généralement éviter son regard. On ne veut  pas avoir affaire à eux, on ne veut pas les voir. Ou alors en diagonale. Et si "par malheur" on croise leur chemin, on change de trottoir, toujours en diagonale. La diagonale du fou, forcément.

 

Écrit par Le Tatou Terrien dans Coexister | Lien | Commenter (0) | |

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